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Les fourmis

Fourmis rouges : quelles espèces vivent en France, où et piquent-elles ?

B Par Baptiste 12 août 2025 8 min de lecture

Des fourmis rouges sous une pierre du jardin, sur la terrasse ou dans l’herbe humide au bord d’un ruisseau. Leur couleur attire l’œil, et la première question est souvent « est-ce qu’elles piquent ? ». La réponse dépend de l’espèce. Plusieurs fourmis rougeâtres vivent en France, avec des nids, des tailles et des moyens de défense différents. Quelques détails suffisent pour savoir à qui tu as affaire.

Fourmis rouges : de quelles espèces parle-t-on en France ?

Le nom « fourmi rouge » ne désigne pas une espèce précise. En France, il recouvre plusieurs fourmis rougeâtres ; voici les quatre cas les plus courants.

Fourmi Taille des ouvrières Où la trouver Défense
Myrmica rubra, la fourmi rouge commune 3,5 à 5 mm Prairies humides, pelouses, sous les pierres Aiguillon, piqûre semblable à une ortie
Manica rubida, la grande fourmi rouge 6 à 9 mm Montagnes, entre 500 et 2 000 m, sols nus et bords de chemins Aiguillon, piqûre nettement plus douloureuse
Fourmis rousses des bois, groupe Formica rufa 4 à 9 mm Forêts, dômes d’aiguilles de conifères Morsure et jet d’acide formique, pas d’aiguillon
Lasius emarginatus, la fourmi bicolore 3 à 4,5 mm Murs, pierres, maisons du sud et du centre Aucune piqûre, morsure sans effet

Les fourmis de feu, du genre Solenopsis, sont différentes. La plus connue, Solenopsis invicta, vient d’Amérique du Sud. Elle n’est pas établie en France métropolitaine. Une étude publiée en 2023 a décrit la première population européenne, en Sicile, avec 88 nids. Elle est en revanche présente dans certains territoires français d’outre-mer, comme la Guadeloupe. Une fourmi rouge observée dans un jardin français n’est donc presque toujours pas une fourmi de feu.

Comment reconnaître une fourmi du genre Myrmica ?

Les Myrmica sont les fourmis rouges que tu rencontres le plus souvent, et Myrmica rubra est l’une des espèces les plus fréquentes. Ses ouvrières mesurent 3,5 à 5 mm, d’un brun-rouge uniforme, avec un abdomen un peu plus sombre. Elles se déplacent lentement et sans panique quand tu soulèves une pierre. Les Lasius noires, elles, courent dans tous les sens.

De près, deux détails distinguent le genre. Entre le thorax et l’abdomen, une Myrmica porte deux petits nœuds, alors qu’une Lasius ou une Formica n’en a qu’un. Sur l’arrière du thorax, deux épines pointent vers l’arrière. Plusieurs espèces de Myrmica partagent ces traits, et les séparer demande une loupe et des critères plus fins. Pour un observateur de jardin, le genre suffit.

Ses colonies comptent en général quelques centaines à un millier d’ouvrières, et parfois jusqu’à 8 000. Elles abritent plusieurs reines, une quinzaine en moyenne : c’est la polygynie. Notre article sur les fourmis polygynes explique ce fonctionnement. Les vols nuptiaux ont lieu de la fin juillet à octobre.

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Où vivent les fourmis rouges ?

Myrmica rubra aime l’humidité. Elle niche dans le sol des prairies, des pelouses et des berges. On la trouve sous les pierres, dans le bois mort ou dans les touffes d’herbe. Un potager arrosé ou une pelouse à l’ombre lui conviennent très bien. Tu la vois rarement à l’intérieur des maisons. En été, des ouvrières entrent parfois par une porte-fenêtre à la recherche de sucre.

Les fourmis rousses des bois vivent en forêt. Elles construisent des dômes d’aiguilles et de brindilles qui peuvent dépasser un mètre de haut. Un dôme abrite parfois plusieurs centaines de milliers d’ouvrières. Observe-le sans le toucher. Plusieurs pays d’Europe protègent ces espèces, et un dôme ouvert met des années à se reconstruire.

Manica rubida vit en altitude, sur les sols nus et les talus des chemins de montagne. Elle creuse des nids profonds, avec un petit cratère de terre à l’entrée.

Les « petites fourmis rouges dans la maison » sont un autre cas. Elles appartiennent souvent à Lasius emarginatus, la fourmi bicolore des murs. Il peut aussi s’agir de la fourmi pharaon, une espèce de 2 mm jaune à brun clair qui niche dans les bâtiments chauffés. Une photo de près et la taille aident à trancher.

Que mangent les fourmis rouges ?

Myrmica rubra chasse de petits invertébrés : chenilles, mouches, araignées, collemboles. Elle récolte aussi le miellat, le liquide sucré rejeté par les pucerons quand ils se nourrissent de la sève. Les ouvrières protègent les pucerons : elles repoussent les coccinelles et les larves de syrphes qui viennent les manger. Si tu vois des fourmis rouges sur un rosier, regarde les tiges : elles ne mangent pas la plante, elles gardent ses pucerons.

Les fourmis rousses des bois consomment d’énormes quantités d’insectes, ce qui en fait des alliées de la forêt. Elles récoltent aussi beaucoup de miellat dans les arbres. Manica rubida chasse et récolte aussi des liquides sucrés. Toutes ramassent volontiers une goutte de confiture ou un morceau de fruit tombé.

Est-ce que les fourmis rouges piquent ?

Myrmica rubra et Manica rubida piquent. Elles possèdent un aiguillon au bout de l’abdomen, relié à une glande à venin, comme une guêpe en miniature. Une piqûre de Myrmica rubra ressemble à une brûlure d’ortie, avec une rougeur et une démangeaison. Celle de Manica rubida est plus vive. La perception et la durée varient selon la personne et la piqûre.

Les fourmis rousses des bois n’ont pas d’aiguillon. Elles mordent avec leurs mandibules, puis projettent de l’acide formique dans la morsure. Sur la peau, cela pique quelques minutes. Il faut donc distinguer la morsure, faite avec la bouche, de la piqûre, faite avec l’abdomen.

Pour la plupart des gens, une piqûre reste sans gravité, mais une réaction allergique au venin d’hyménoptères est possible. Lave la piqûre à l’eau et au savon, puis applique du froid. En cas de difficulté à respirer, de malaise, de gonflement de la langue ou de réaction sur tout le corps, appelle immédiatement le 15 ou le 112, comme le rappellent les recommandations de l’Anses. Pour éviter les piqûres, regarde avant de t’asseoir dans l’herbe. Observe les nids sans les ouvrir ni prendre les fourmis entre les doigts. Approcher un téléphone pour photographier suffit.

Faut-il s’en débarrasser dans un jardin ?

Dans un jardin, ces fourmis rendent des services. Elles éliminent des chenilles et des larves, et leurs galeries aèrent le sol. Un nid de Myrmica rubra sous une dalle de terrasse devient gênant seulement si des enfants y jouent pieds nus. Dans ce cas, déplace la dalle pour exposer le nid au sec et à la lumière : privée d’abri, la colonie cherche en général un autre emplacement.

Peut-on élever des fourmis rouges ?

Oui, et Myrmica rubra est même une espèce accessible. Elle vit à température ambiante, entre 21 et 24 °C dans le nid, et demande surtout de l’humidité. Un nid trop sec la fait dépérir. Au-dessus de 25 °C dans le nid, elle souffre. Elle mange des insectes et du liquide sucré. Elle hiverne au frais de novembre à mars et accepte plusieurs reines dans un même nid. Sa reine a besoin de nourriture pendant la fondation, contrairement aux Lasius : on parle de fondation semi-claustrale.

Son aiguillon impose de la prudence pendant l’entretien : une main dans l’aire de chasse, même pour retirer une gamelle, peut être perçue comme une agression. Manica rubida demande plus d’expérience à cause de sa taille et de sa piqûre. Ne déterre pas une colonie sauvage entière : c’est interdit dans les espaces protégés, cela appauvrit le milieu, et une colonie déterrée survit rarement. Notre boutique propose des colonies élevées, comme la colonie de Myrmica rubra, selon les disponibilités.

Ce qu’il faut retenir

  • « Fourmis rouges » désigne plusieurs espèces ; les plus courantes sont les Myrmica, Manica rubida, les fourmis rousses des bois et la Lasius bicolore.
  • La fourmi de feu Solenopsis invicta n’est pas établie en France métropolitaine.
  • Une Myrmica porte deux nœuds et deux épines ; Myrmica rubra, l’une des espèces les plus fréquentes, mesure 3,5 à 5 mm et vit dans les sols humides. Ses nids comptent plusieurs centaines à quelques milliers d’ouvrières et plusieurs reines.
  • Myrmica rubra et Manica rubida piquent avec un aiguillon ; les fourmis rousses mordent et projettent de l’acide formique.
  • Une piqûre ressemble à une brûlure d’ortie ; en cas de difficulté à respirer, de malaise ou de gonflement de la langue, appelle le 15 ou le 112.
  • Ces fourmis mangent des insectes et du miellat : elles gardent les pucerons, elles ne mangent pas les plantes.
  • Myrmica rubra s’élève à température ambiante, avec beaucoup d’humidité, un repos hivernal et une reine nourrie pendant la fondation.
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